mercredi 21 mai 2008

Mes chansons...

Encore l´attente.
Encore l´envie de ne pas attendre.
Encore Barbara, au fond de moi, qui me chuchotte avec sa voix magique :"Tout le temps perdu ne se rattrape plus"
Encore Bénabar qui m´encourage: "Je refais ma vie, tant pis"
Et Brel qui me chante dés les ombres: "Je chante et je suis gai, mais j'ai mal d'être moi"
Encore la pluie.
Encore moi sans abri car je déteste les parapluies.
Encore Moustaki: "Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer"
Et comme Pink Martini, "Je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier et puis je fume"
Et Brassens qui se moque de moi: "Tout le restant m'indiffère, j'ai rendez-vous avec vous !"
Encore un livre pour découvrir.
Encore ma fascination pour les livres fermés.
Encore Bénabar qui ajoute: "Livre de poche, pastilles de menthe et plan de métro, Echantillons de parfum, baume pour les lèvres, 3 ou 4 stylos"
Et toujours la Piaf, emerveillée d ´etre aussi vivante en moi:

A quoi ça sert, l’amour ?
On raconte toujours
Des histoires insensées
A quoi ça sert d’aimer ?
L’amour ne s’explique pas !
C’est une chose comme ça !
Qui vient on ne sait d’où
Et vous prend tout à coup.
Moi, j’ai entendu dire
Que l’amour fait souffrir,
Que l’amour fait pleurer,
A quoi ça sert d’aimer ?
L’amour, ça sert à quoi ?
A nous donner d’la joie
Avec des larmes aux yeux…
C’est triste et merveilleux !
Pourtant on dit souvent
Que l’amour est décevant
Qu’il y a un sur deux
Qui n’est jamais heureux…
Même quand on l’a perdu
L’amour qu’on a connu.
Vous laisse un gout du miel -
L’amour c’est éternel !
Tout ça c’est très joli,
Mais quand tout est fini
Il ne vous reste rien
Qu’un immense chagrin…
Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant
Demain, sera pour toi
Un souvenir de joie !
En somme, si j’ai compris,
Sans amour dans la vie,
Sans ses joies, ses chagrins,
On a vécu pour rien ?
Mais oui! Regarde-moi !
A chaque fois j’y crois !
Et j’y croirait toujours…
Ça sert à ça l’amour !
Mais toi, tu es le dernier !
Mais toi’ tu es le premier !
Avant toi y avait rien
Avec toi je suis bien !
C’est toi que je voulais !
C’est toi qu’il me fallait !
Toi que j’aimerais toujours…
Ça sert à ça l’amour !


Chapeau!!
La pluie tombe encore, mais mon coeur est ensoleillé...Pas mal...

dimanche 18 mai 2008

Le gosse qui était amoreux de Mireille Mathieu


Lorsque nous avons parlé la premiére fois , il m´a dit que son rêve était connaitre l´Argentine. Et qu´il viendrait en mai. Il était vraiment heureux avec son projet.
On a gaspillé pas mal des heures en discutant sur tas des choses, des dialogues fous, mais pleins d`intêret , á mon avis.
Et puis, tout á coup, son projet s´est évanoui. J`ai essaié de demander la cause mais il ne parle jamais des choses qu´il ne veut pas parler. Ca m´enerve parfois, mais il est comme il est , et je l´accepte.
C´est fou comment on peut s`accrocher aux gens qu´on ne connaît vraiment pas, comment on peut passer des heures devant un écrant, avec les doigts durs de taper sans cesse et quand même, éprouver un sentiment d`amour, de haine, de rage, de douceur envers l`autre, l`autre inconnu que nous tient la chandelle á l`autre bout du monde.
Je sens parfois que mon monde se réduit aux heures oú je passe devant l`ordinateur.
J´attends toujours ce mail que je ne recois pas, je bavarde avec des gens à l´autre bout de la planéte, en échangeant des chansons, des photos…Je souffre quand quelqu´un d´entre eux souffre, je suis heureuse de savoir que la femme de la Corse a passé un trés jouyeux anniversaire, je partage la joie de ses lunettes de soleil nouveaux ; j`aime avoir les nouvelles de Seb…Le premier francais que j`ai rencontré sur la net et avec qui , je me suis rencontrée en Buenos Aires. Je lui ai invité á passer la journée dans une ferme, pour le faire connaitre les habitudes de la campagne. Il a dû se lever de bonne heure, on a voyagé ensemble dans un bus énorme, et quand on était sur place, j`ai remarqué que il était trés á son aise, et même il répondait mes questions les plus sottes avec un air de sagesse…Et, ben, oui ! J`ai honte à l`avouer : j`ai emmené cet homme á la campagne…et lui, lui habitait à la campagne ! « France n`est pas seulement Paris » m`a dit d`un air joyeux pendant que je voulais que la terre s´ouvrait sous mes pieds!
Je me prèoccupe quand mon ami de Toulouse ne peux pas résoudre sa vie, quand le photographe parisien pense que nous sommes un pays d`indiens et pense venir ici pour prendre les terrains car une idiote l`a dit que faire cela était légal…On a de la moral, quoi !
Et j`attends toujours le mail qui m`indique que tout est possible.
Mais, parmi tous les correspondants, je me sens trés attiré pour le gosse qui était amoureux de Mireille Mathieu.
J`aime ses expressions, sa facon de rédiger les phrases, de me corriger….Loin d´être gentil, il est souvent plus prés de la mechanceté que de la tendresse…et pourtant, j´aimerai bien faire parti de son monde, de son univers sécret, peuplé des personnages mythologiques, des chattes qui prennent deux places dans le cinéma, de ses yeux bleus chanson… Je suis toujours attiré pour ce genre (rare) des hommes , capables de me faire rire et de parler de livres et des chansons, qui aiment la solitude et la compagnie , et que habitent dans un monde plein de désespoir et des rêves …
Ce sont juste les personnes que je trouve les plus sensibles, les plus accrochés á la vie, les plus difficiles et les plus simples.
Peut-être je me trompe…Peut-être il n`est pas comme ca, peut-être c`est moi qui l`ai inventé…
Dans ce cas, je m`en fous ! Je sais qu`un jour on se croisera, le régard dans le régard, les pensées dans les pensées et que je serai trés fiére d´être son amie. (même si je le suis dèjà à la distance)
Je n`aimais pas les gens qui passaient des heures sur l`ordinateur…En revanche, les choses les plus interessantes ,je les ai vécu grâce á ce monde virtuel…
J`arrête ici de délirer, j`ai une vie pas virtuelle qui m`attends et je dois préparer pas mal des choses pour demain…En tout cas, j`ai commencé á écrire sans savoir de quoi pourrais-je parler , et me voici….j`ai toujours des bêtises á dire….
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
C.B.

dimanche 11 mai 2008

Buenos Aires


Hier soir, j`ai fait la fête avec deux amies. Je viens de constater que je suis trop agée pour faire cela: la tête qui m`explose, la gorge séche et surtout cette envie de ne rien faire.
Quand même Buenos Aires a des personnages adorables qui se balladent par les rues, en traînant ses souvenirs et ses tristesses. Des bohémiens, quoi.
Nous étions les trois dans le bar du coin de Perú et Carlos Calvo et on a été interrompues pour une dame de jambes trés longues, qui était toute habillée de velour noir et qui chantait des tangos á haute voix. Elle a chanté trois chansons et puis elle a demandé de l`argent table par table.
Je lui a offert un verre de biére et elle s´est assise avec nous et nous a parlé d´un mec qu´elle aimait et qu´il était parti au Brésil pour faire fortune et il n`est pas retourné .
Je ne sais pas si á cause de l´alcool, de mon esprit drôlement solidaire, de mon amour pour les histoires sangreunues ou à cause de la tendresse de son régard, j´ai été vraiment triste en écoutant son récit.
Puis, elle nous a remercié le verre , et elle s´est en allée avec ses peines et le portrait de l`ingrat caché sous son grand manteau de nuit .
Ca existe aussi le vieux clochard de Scalabrini Ortiz et Av. Córdoba. C´est un type qui vit dans la rue, qui arrose ses répas avec du vin blanc et qui chante trés jolis tangos. Il a une fille qui porte mon prènom, mais elle ne veut rien savoir de lui. Quand il était jeune, il était boxeur. Il a les yeux bleu ciel, le visage toujours sale, il marche lentement, traînant ses jambes et son régard s´illumine quand il croise le mien. Je lui a offert quelques cigarettes et il me les a remercié en me chantant un tango. Il s´appelle Abel.
Il y a aussi dans un bar de la Av. Corrientes, tout prés de l´Obelisque, une dame qui se habille toujours de noir et qui boit un café-créme seule, en regardant les passants avec un air absente. Elle soupire, parfois, et se séche les yeux avec un petit mouchoir . J´ai passé pas mal des jours, assise dans une table á son côté . Je la regardais sans oser lui parler. Elle, elle ne regardait personne. Je ne connais pas son prènom. Je la nomme Penelope, celle qui attend toujours.
Les gens de Buenos Aires sont solidaires. On croise des regards sérieux dans la rue, mais si on regarde vraiement on peut registrer les sourires cachées. Faites la preuve. Souriez vous le premier.. Tous ceux qui vous regarderent commenceront á sourire aussi...
Il y a des voleurs dans la rue, c´est vrai,mais aussi des gentils garcons qui vous disent une phrase aimable.
Il y a des gens qui sont méchants, bien sûr, mais la plupart vous donne gentilment des renseignements et l´heure.
Les serveurs sont complices des histoires nouvelles et des rencontres anciens. Les chauffeurs de taxi sont des psycologues attentifs qui écoutent vos problémes.Les femmes qui vendent les fleurs dans la rue sont des vieilles fées qui illuminent les chemins des couples fatigués.
Même si j´ai l´envie de m´en aller, j´adore Buenos Aires. Je garde dans mon coeur les rues qui m´ont accompagné toute ma vie, le parfum de la « garrapiñada » quand on sort du cinéma, les arbres du Parque Avellaneda, les vitrines de Caballito, les pubs de Palermo, les morceaux de mon enfance qui se perdent par Floresta de la main de mon grand-pére., les débris de mon adolescence qui se truovent par Flores, Almagro, Ramos Mejía, le train qu`on doit souffrir, le métro sans calefaction, les bus pleins avec des passagers qui se serrent les uns contre les autres pour arriver á l´heure....Les cafés de San Telmo, la Tour des Anglais à la Place Retiro oú j´ai connu le premier baiser francais (et pas le vrai !), les retraités qui donnent des mies du pain aux colombes en Congreso, les cinémas, les théâtres, les « heladerías » dont on trouve le bonheur , les alfajores Havanna...L´odeur de mes gens, de tout ses fréres inconnues avec lesquels je partage mon monde quotidien...
Je ne suis pas douée pour vous raconter comme est ma Buenos Aires...C´est difficile á dire...Elle est comme moi : obscure parfois, ouverte, taciturne, amicale, capricieuse, mais toujours prête á recevoir des amis, toujours avec l´envie d´écouter des histoires, solitaire, douce, méchante et qui donne toujours l´envie de revenir!!