Aujourd´hui la mélancolie m´a pris par la main. Je viens de découvrir Cali et me voilá, couchèe sur mon lit, une cigarette qui fait des dessins avec sa fumèe sur le toit, et la langueur qui me plonge dans le vide....
« ... Penses-tu à moi comme je pense à toi ? Penses-tu à ca, aussi souvent que moi ? Penses-tu que c'est la bonne cette fois ? Penses-tu pouvoir me faire oublier la conne d'avant toi ? Suis-je bien fait pour toi ? Dans 2000 matins est-ce que ma tête te reviendra ? Suis-je aussi bien foutu que voudraient le sentir tes doigts ? Quand ils partent à l'éclaireur me chercher sous les draps ? Est-ce que ça va sourire pour nous si l'on croise les doigts ? Est-ce que l'on pourrait se perdre tout d'un coup comme ça ? Aurais-je assez de talent ? Pour que tu m'aimes tout le temps ? «
Des fois, j`ai l`envie de rester comme ca, sans bouger, en ècoutant de la musique, des cloches de bois qui sonnent dans ma tête et des chansons tristes qui me font oublier mes peines.
J`ai pensé á mon pére aujourd´hui. Je ne sais pas pourquoi. Je pense que c`est sa morte qui m`a fait me rendre compte que un jour tout va disparaître. Evidemment, je le savais à l`avance, mais je suis convaincue que ce matin d`octobre, quand le mèdecin m`a dit qu`il avait très peu du temps parmi nous.
Je parlais rarement avec lui, Mon pére était une personne capable de me faire énerver pour un rien.
Pourtant, lorsque je l`ai vu sur ce lit blanche d`hôpital, trop pâle, sans espoir et avec ses yeux qui brillaient en me voir rentrer à la chambre, j`ai su qu`il y avait quelque chose à casser tout de suite.
Et puis, à la sortie de l`hôpital, j`ai dècouvert (sans horreur) que la tristesse que je ressentais c`ètait celle de l`idèe de la mort. Il ne pourrait pas marcher de nouveau par les rues, ni prendre un verre, ni acheter des chaussures, ni lire les livres débout dans une libraire, ni voir une pièce du thêatre ni faire un resto.
Et moi, non plus. Il y aura un jour, oú je ne serai pas partie de ce monde, ingrat parfois, oui, mais quand même....
Finalement il est mort une semaine après de tout ca. Je lui ai dèdie un poème en espagnol et c`ètait la première fois dans ma vie que lui ècrivais quelque chose. Un hommage, je pense.
Voilà pourquoi cette annèe, j`avais dècidè de faire seulement les choses qui me rendaient heureuse. On ne sait jamais quand c`est l`heure de tout quitter.
Une nuit, en face à l`Obelisque, C. et moi ètions en train de disputer pour une bêtisse. C`était les vacances. J`ai fait des scènes vraiment ridicules et lui, il avait la patiente de tout supporter.
Finalment, on s`est séparès, vexés....Mais j`ai couru jusqu`à le mètro pour lui empêcher de marcher. Et on s`est reconciliès comme les gosses, sans problèmes.
Avant de nous quitter, il m`a dit que cette fois-là , il avait eu de la patiente pour ne pas briser la relation, car il ètait en vacances et il avait tout la nuit pour arranger les choses. Moi, au contraire, comme je savais que la fin ètait tout près de nous, j`ai gardè mon orgueil et je n`ai pas voulu gâcher un seul moment loin de lui.
Et peut-être, mon cher C., la vie c`est ca : avoir la patiente comme si on ètait en vacances et garder l`orgueil pour ne pas gâcher les bons moments....Ou peut-être, c`est le contraire....Qui le sait ?
"Je saurais caler mon pas sur le tien N'importe quelle danse je ferai ça si bien De toute les façons, je n'entend plus la musique fut-elle aussi forte que mille coups de trique Tiens prend ma vie aussi Qu'est ce que je pourrais donc bien en faire De ma vie ?"
A la prochaine.
mercredi 19 mars 2008
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